
Aujourd’hui, nous allons à la rencontre d’Angela Pereira, diplômée du M2 Droit des collectivités territoriales de l’Université Paris Panthéon-Assas et apprentie juriste droit public au sein de la Ville de Sannois. Elle a rejoint le programme Ambassadeurs Profil Public pour contribuer à l’attractivité du service public. Dans cet entretien, elle nous parle de son parcours et des causes qui lui tiennent à cœur.
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À la suite d’une licence de droit à l’Université Paris Nanterre, où j’ai acquis de solides bases juridiques, j’ai choisi de m’orienter vers un master en droit public général au sein des universités Paris-Saclay et Paris Cité. Cette formation m’a permis d’approfondir ma compréhension du fonctionnement de l’État, des institutions administratives et des grands principes du droit public. Souhaitant ensuite me spécialiser davantage, j’ai poursuivi mon parcours avec un master en droit des collectivités territoriales à l’Université Panthéon-Assas. Cette spécialisation m’a permis de me concentrer plus particulièrement sur les enjeux juridiques et institutionnels du service public local.
En parallèle de mes études, j’ai effectué un stage de six mois au ministère des Armées, au sein de la sous-direction des risques, de l’environnement et du développement durable, rattachée à la direction des territoires, de l’immobilier et de l’environnement du Secrétariat général pour l’administration. Cette expérience m’a permis de découvrir concrètement le fonctionnement de l’administration centrale et de travailler sur des questions juridiques liées aux politiques publiques environnementales, dans un contexte spécifique : celui du ministère de la Défense.
“Au fil de mon parcours, j’ai constaté que les métiers publics restent pour beaucoup méconnus, alors même qu’ils sont essentiels au fonctionnement de notre société et qu’ils offrent une diversité de trajectoires bien plus large qu’on ne l’imagine. Rejoindre ce programme a donc été pour moi une véritable opportunité. D’abord parce qu’il m’a permis de rencontrer et d’échanger avec d’autres personnes qui partagent le même intérêt pour le service public. Ces échanges sont particulièrement enrichissants : ils nourrissent la réflexion, permettent de confronter les points de vue et montrent que l’engagement public peut prendre des formes très variées.
Ce programme m’a également permis de découvrir un grand nombre de métiers auxquels je n’aurais pas forcément pensé, ainsi que des parcours professionnels qui ne passent pas uniquement par la voie du concours. Cela reflète une évolution importante de la fonction publique, qui recrute aujourd’hui davantage de contractuels et ouvre ainsi l’action publique à des profils plus diversifiés. J’ai ainsi eu l’occasion de découvrir des trajectoires particulièrement inspirantes, que ce soit au sein d’institutions européennes ou dans des domaines liés à l’innovation publique. Cela m’a confortée dans l’idée que le service public est un espace d’engagement en constante évolution.
Je suis particulièrement sensible aux questions sociales, notamment à celle de l’accès au logement, en particulier dans les grandes villes où les tensions immobilières accentuent les inégalités. Le logement n’est pas seulement une question économique : c’est souvent une condition préalable à l’insertion professionnelle, à la stabilité sociale et à l’émancipation individuelle. Dans ce domaine, les politiques publiques locales ont un rôle déterminant à jouer.
Je m’intéresse également aux politiques d’inclusion dans l’espace public. Une ville doit être pensée pour tous. La manière dont on conçoit ses espaces, ses équipements ou ses services en dit beaucoup sur notre conception de l’égalité. L’accès à une alimentation de qualité pour tous constitue également un enjeu essentiel. Dans un contexte d’inflation et de précarité croissante, bien se nourrir ne doit pas devenir un privilège. C’est notamment pour cela que je m’intéresse à des initiatives comme celles de l’association Toques en Stock, qui agit à Paris pour lutter contre la précarité alimentaire en proposant une aide alimentaire digne et qualitative.
Enfin, je suis convaincue que les politiques publiques de santé mentale doivent devenir une priorité, notamment pour les jeunes générations. Les réseaux sociaux, s’ils offrent de nombreuses opportunités, peuvent aussi renforcer les phénomènes de comparaison sociale, d’isolement ou de cyberharcèlement. Il est donc essentiel que les pouvoirs publics s’investissent davantage dans la prévention, l’accompagnement psychologique et la sensibilisation, afin de mieux protéger les jeunes face à ces nouveaux risques.
« We write to taste life twice ». Cette phrase de l’écrivaine Anaïs Nin. m’inspire par sa simplicité et résonne avec mon goût pour la lecture et pour l’écriture
Un livre : La nuit du cœur de Natacha Appanah. Ce livre met en lumière la souffrance, mais aussi la complexité des parcours liés aux violences conjugales. Il nous pousse à prendre conscience que ces violences constituent un véritable fait de société. À mes yeux, c’est aussi un appel à la responsabilité collective : comprendre pour mieux agir et renforcer les politiques publiques ainsi que les dispositifs de protection afin de lutter plus efficacement contre ces situations.
Un podcast : Conpassion. Ce podcast donne la parole à des personnalités concernées par le handicap ou par la maladie, avec une écriture et une mise en perspective qui vont au-delà du simple témoignage. Je le considère comme un podcast d’utilité publique, au sens noble du terme : il permet de mieux comprendre les enjeux d’inclusion et nourrit la réflexion sur les politiques publiques. En partant de l’expérience vécue, il invite aussi à penser des politiques publiques plus justes et plus adaptées à tous, notamment en matière d’espace public et d’accès aux services.
Actuellement en pleine préparation des concours administratifs, mon projet est d’intégrer la fonction publique en tant que fonctionnaire afin de mettre mon engagement au service de l’intérêt général. J’ai la conviction que la fonction publique est un espace où l’on peut agir concrètement, contribuer à l’élaboration de politiques publiques utiles et participer au renforcement de la cohésion sociale.
Au-delà du cadre professionnel, mon souhait est tout simplement de m’épanouir dans ce que je fais et de pouvoir contribuer, à mon échelle, à améliorer le quotidien des autres.
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