Lucas Lallemant est élève-ingénieur en chef territorial au sein de l’Institut national des études territoriales (INET). Nous sommes allés à sa rencontre pour parler de son parcours et de ses engagements.
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Aujourd’hui, je suis élève ingénieur en chef territorial à l’Institut national des études territoriales (INET), à Strasbourg. J’ai intégré cette formation pour une durée d’un an, à l’issue de laquelle je serai titularisé. Un ingénieur en chef territorial est le “pendant technique” des administrateurs territoriaux.
Avant cela, j’étais contractuel à la Ville de Drancy, une commune d’environ 75 000 habitants. J’y occupais les fonctions de responsable du service de la transition écologique, à la tête d’une équipe d’une douzaine d’agents. J’avais pour mission d’impulser et d’accompagner les projets de transition énergétique de la collectivité, qu’il s’agisse des mobilités, des espaces verts, de la restauration collective ou encore de la stratégie énergétique. Nous assurions un pilotage très opérationnel de projets variés, comme le déploiement des panneaux photovoltaïques.
Après le lycée, j’ai intégré l’Université de technologie de Compiègne (UTC), où j’ai suivi un cursus d’ingénieur en prépa intégrée. J’ai ensuite réalisé un double diplôme avec le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), en me spécialisant dans l’énergie nucléaire. À cette époque, je m’orientais plutôt vers la recherche, avec plusieurs expériences à l’international, notamment à Milan et à Boston. J’ai progressivement compris que je voulais mettre mon expertise au service de la décarbonation, avec la conviction que la transition écologique ne peut être dissociée des enjeux sociaux. C’est ce qui m’a conduit vers la fonction publique.
J’ai alors complété mon parcours par un Master en politiques publiques à AgroParisTech. C’est à cette occasion, lors d’une immersion de deux jours à l’INET, que j’ai découvert la fonction publique territoriale. J’ai immédiatement compris que les collectivités étaient le bon échelon pour agir concrètement sur les transitions environnementales et accompagner la transformation des territoires.
C’est avant tout une formation de professionnalisation, conçue pour nous préparer aux fonctions d’encadrement dans les collectivités territoriales. Les enseignements sont très concrets et portent notamment sur la conduite du changement, le management ou encore les relations avec les élus.
La scolarité s’articule également autour de trois stages, qui nous font progressivement monter en responsabilité : une phase d’observation, des missions opérationnelles, puis un stage de pré-positionnement. Elle comprend aussi des projets collectifs en lien avec des collectivités. Par exemple, nous travaillerons avec la Région Nouvelle-Aquitaine sur des problématiques de conduite du changement, dans une approche inter-filières. L’ensemble de la formation vise à nous donner les compétences et les réflexes nécessaires pour exercer des fonctions de direction au sein de la fonction publique territoriale.
Pourquoi la fonction publique ?
Avant de faire ce choix, j’ai envisagé une carrière dans l’industrie privée, un secteur essentiel que je respecte profondément. Mais je souhaitais que la finalité de mon travail soit avant tout le service de l’intérêt général. C’est ce qui m’a attiré vers la fonction publique. J’y ai trouvé une capacité à porter des projets de transformation ambitieux, notamment en matière de transition écologique, avec une vraie richesse des échanges et une forte dynamique d’innovation au sein des collectivités.
Je me définis souvent comme un éternel indécis, mais je vois aujourd’hui cette curiosité comme une véritable force. La fonction publique offre cette possibilité de se réinventer, d’explorer de nouveaux champs d’action tout en gardant un fil conducteur : le service de l’intérêt général. À court terme, je souhaite poursuivre mon engagement sur les enjeux de développement durable. La richesse du statut de fonctionnaire réside aussi dans les nombreuses passerelles qu’il permet, notamment entre les trois versants de la fonction publique. Ce qui m’anime avant tout, ce n’est pas un secteur en particulier, mais la possibilité de contribuer à l’action publique sous différentes formes. À ma sortie de l’INET, j’aimerais revenir en Île-de-France et continuer à travailler sur des sujets liés à l’économie circulaire ou à l’énergie.
Je leur conseillerais d’abord d’aller à la rencontre de celles et ceux qui font vivre la transition écologique dans les territoires. Échanger avec des professionnels permet de mieux comprendre la diversité des métiers et des leviers d’action possibles : c’est une démarche que j’ai moi-même suivie et qui m’a beaucoup aidé à construire mon projet.
Je leur conseillerais aussi d’oser expérimenter. Les parcours professionnels ne sont pas toujours linéaires, et c’est souvent en explorant différentes expériences que l’on trouve la voie qui nous correspond. L’essentiel est de rester curieux, de se former et de chercher à mettre ses compétences au service des enjeux qui nous tiennent à cœur.
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