Sandrine Chéron, directrice adjointe de la communication, des relations presse, de l’influence digitale et de la démocratie participative à la Mairie d’Orsay.

« Moins visible, la communication interne est pourtant un moteur de l’efficacité de l’action publique. »

Aujourd’hui, cap sur un parcours inspirant : celui de Sandrine Chéron, directrice adjointe de la communication, des relations presse, de l’influence digitale et de la démocratie participative à la Mairie d’Orsay.

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Communication publique

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Votre métier et le cœur de vos missions actuelles ?

Après un master à l’Université d’Évry consacré à l’administration des politiques culturelles, j’ai effectué plusieurs stages dans le domaine de la communication, au sein d’entreprises privées. J’ai ensuite travaillé pendant six ans dans une association culturelle, comme chargée de production et de communication. C’était une première immersion dans l’univers du secteur public, mais du point de vue des acteurs culturels. Mon rôle consistait notamment à convaincre les élus et les collectivités de soutenir nos projets, en allant chercher des partenariats et des financements. Cette expérience a été très formatrice et m’a progressivement donné envie de me tourner vers la fonction publique. 

À la suite d’un déménagement à Orsay, j’ai envoyé une candidature spontanée à la mairie. L’idée de m’engager pour la ville où je vis m’a tout de suite motivée : travailler au plus près des habitants. J’ai été recrutée comme chargée de communication graphique et digitale. Par la suite, j’ai passé le concours de la fonction publique territoriale et, au fil des années, j’ai évolué au sein du service. Depuis l’année dernière, j’occupe le poste de directrice adjointe de la communication. Aujourd’hui, nous pilotons une équipe de six personnes organisée autour de trois pôles : graphique et éditorial, digital, et démocratie participative.

Les grands défis actuels de la communication publique ?

Il me semble que l’un des grands défis aujourd’hui est de trouver le bon équilibre entre communication institutionnelle et communication politique. Cette frontière peut parfois être difficile à percevoir pour le grand public, alors même qu’elle est très claire pour nous, agents publics. Notre rôle consiste à informer les habitants sur les services, les projets et les actions de la collectivité, dans un cadre strict de neutralité.

Cette question devient particulièrement sensible en période pré-électorale. Les attentes, les interprétations et parfois les critiques s’intensifient, et il arrive que le travail des services soit confondu avec une communication politique. Pour des agents publics attachés au devoir de réserve et au principe de neutralité, cette situation peut être délicate. Les réseaux sociaux amplifient ces tensions, notamment avec la présence de comptes anonymes ou de prises de parole très virulentes. Cela peut donner le sentiment que le travail mené par les équipes est déformé ou fragilisé. 

Mais c’est aussi le reflet d’un climat de défiance plus large à l’égard des institutions. Dans ce contexte, notre responsabilité est de rester fidèles aux valeurs du service public : continuer à informer de manière transparente, rigoureuse et accessible, tout en maintenant une posture éthique et respectueuse du cadre dans lequel nous exerçons.

Les enjeux de communication interne ?

Je suis convaincue depuis longtemps de l’importance de la communication interne. Elle fédère, rassemble et crée des liens entre les équipes. Dans une collectivité où les métiers et les services sont nombreux, elle joue un rôle essentiel pour maintenir une culture commune et un sentiment d’appartenance. Mon rôle consiste avant tout à faire vivre et à entretenir ces liens. En tant que référente sur ces questions, je m’attache à embarquer mes collègues dans les enjeux de communication interne. J’ai le sentiment que c’est encore la dimension la moins visible et parfois la moins investie de la communication publique, alors même qu’elle est déterminante pour la cohésion des équipes et la qualité de l’action publique. Nous avons la chance de pouvoir compter sur une direction générale des services qui impulse une dynamique participative très stimulante sur ces sujets. Cette posture managériale permet de faire émerger des initiatives concrètes, portées directement par les agents, et qui portent réellement leurs fruits.

Plusieurs dispositifs ont ainsi vu le jour. Par exemple, la Direction générale des services a mis en place un programme de formation entre pairs. À l’occasion d’un séminaire des cadres, les responsables de la collectivité ont conçu eux-mêmes des modules de formation à partir de leurs expertises et de leurs pratiques. Ces modules sont ensuite proposés aux collègues, sur le temps de travail. C’est une manière simple et efficace de partager les compétences internes tout en favorisant les échanges entre services. Nous avons également récemment repensé l’accueil des nouveaux agents. Ce dispositif est né d’ateliers de travail réunissant des collègues de différents services, avec une réflexion collective sur la qualité de l’intégration des personnes qui rejoignent la collectivité.

Ce sont des projets très humains, construits de manière participative, qui laissent une grande place aux échanges, aux débats et aux croisements d’idées. Cette dynamique collective est particulièrement constructive et contribue à renforcer les liens au sein de la collectivité.

Un projet dont vous êtes fière ?

Je pense à un livret consacré au caractère très verdoyant de la ville d’Orsay, qui met en valeur nos parcs, nos forêts, mais aussi les actions, les engagements et les projets portés par la collectivité en matière de développement durable. Ce document a été conçu à la suite de l’obtention d’une troisième fleur dans le cadre du label « Villes et villages fleuris ». C’est un projet dont je suis particulièrement fière, car il m’a permis de découvrir plus en profondeur cet univers et les politiques publiques qui y sont associées. C’est aussi ce qui rend la communication publique si passionnante : elle nous amène à explorer des domaines très variés et à mieux comprendre la diversité des expertises, des métiers et des projets qui font vivre une collectivité au quotidien. 

Je pense aussi au livret d’accueil des nouveaux agents, pour lequel j’ai imaginé un univers graphique spécifique, avec la création d’un blason pour les agents de la ville autour du colibri. Cet oiseau symbolise assez bien, à mes yeux, l’esprit de l’agent public : chacun apporte sa contribution, à son échelle, au service du collectif. Ces projets, qui croisent les expertises et mobilisent plusieurs services, illustrent bien ce qui fait la richesse de notre travail. Ce sont souvent ces réalisations collectives qui incarnent le mieux les réussites dont nous sommes fiers en tant qu’agents publics.

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